Cela fait maintenant une dizaine de jours que j'arbore des bleus sur mon visage et cette charmante croûte sous mon oeil. En dix jours, il ne s'est pas passé une seule journée sans que quelqu'un me demande ce qui s'était passé et me donne des conseils (sans que j'en demande).
Des conseils sur comment désormais traverser les rails de streetcar à vélo, en dépit de mes protestations "pas moyen que je remette les pieds sur un vélo à Toronto !"
Des conseils sur comment prendre soin de cette croûte. Il y a bien sûr eu le pharmacien, qui m'a conseillé un baume antibiotique (un antibiotique aussi proche de mon oeil ? dans tes rêves, mon gars !). La caissière polonaise du primeur, qui conseille un sachet de thé noir. Une vendeuse qui me vante les bienfaitsde l'huile d'olive. La palme revient à ce gars qui m'a très fortement suggéré de faire une application de boeuf hâché. Ca tombe sous le sens. Le boeuf hâché, l'un des trucs qui est connu pour contenir très rapidement plein de bactéries, je vais le mettre sur une belle plaie comme ça, histoire de mieux l'infecter. Et tant que j'y suis infecter mon oeil, qui est quand même bien proche. Et puis, qui n'a pas rêvé de mettre du boeuf hâché sur son visage ? Ca doit être excellent en application corporelle, pas de doutes...
J'adore le multiculturalisme de Toronto, sous tous ses aspects 